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La maison dans la peinture hollandaise – fin

Fin de notre dossier sur la maison dans la peinture hollandaise.

Tout est calme lumineux, riche et serein. L’atmosphère est paisible, les ocres, les bruns les gris et les rouges dominent, mais dans des tons adoucis. Souvent la table est recouverte d’un superbe tapis persan ou turc, signe de richesse, qui retombe sur le sol, déclinant toutes les harmonies de rouges. Un verre à pied sculpté est à-demi rempli de vin clair, posé en équilibre sur un plateau d’argent. Sur les flancs de l’aiguière, se reflètent la fenêtre et le ciel. De grands miroirs encadrés de bois sculpté et doré, très inclinés le long du mur, démultiplient l’espace si rigoureusement construit. Au milieu de la pièce le lustre en laiton largement recourbé, est suspendu par un simple fil métallique, il a été fabriqué à Dinant, il descend très bas, selon la coutume du XVIIeme siècle.

Le manteau de la cheminée est décoré d’un panneau de tissu frangé. Au dessus, des potiches de Delft, des porcelaines de Chine sont parfaitement alignées. L’ordre, la propreté extrêmes règnent, jusque dans les armoires, jusque dans la profondeur de la perspective.

Le temps semble suspendu, l’image est intemporelle, fixée dans la clarté de la lumière.

Ce sont les vertus domestiques qui sont mises en valeur ici, une moralité très présente dans l’exaltation de la fidélité, de l’attachement au foyer, aux enfants, au rythme des taches journalières. Quelques recoins restent dans l’ombre, quelques parties secrètes et plus intimes. Parfois les murs sont tendus de précieuses tentures de cuir doré et de magnifiques tapisseries remplacent les murs blanchis à la chaux.

La croissance économique de la Hollande dans la seconde partie du XVIIeme siècle est prépondérante, et la prospérité s’exprime jusque dans les intérieurs bourgeois. Chacun est heureux et fier d’ouvrir sa porte au peintre, de le faire pénétrer dans un monde gracieux, harmonieux et riche. Souvent les tableaux jouxtent les miroirs, quelques portraits, des thèmes de la vie quotidienne et de grandes scènes mythologiques. Le goût, l’esthétisme, président à l’ordonnancement de la maison. Des cartes géographiques se déploient sur le mur, élargissant symboliquement l’espace réduit de la Hollande, à la mer, à l’aventure, à la découverte de contrées lointaines et de commerces nouveaux, aux comptoirs de la riche Compagnie des Indes.

Dans ce monde intérieur, les femmes vivent de la même existence tranquille que les meubles et les objets, elles font corps avec la nature morte. Elles ne bougent pas plus que les accessoires, elles parlent tout bas. Devant l’œil du peintre toutes choses sont égales dans le monde de la lumière et de la pure peinture, l’humanité et sa demeure tiennent l’une à l’autre et se complètent.